Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 05:16

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Le jeune Zéluni était prêt à partir. La confusion régnait, les animaux semblaient interloqués.

— Zéluni ! Zéluni ! Reste avec nous ! Tu es bien trop jeune ! Ce voyage est trop dangereux pour toi ! Personne n'est jamais revenu de la Montagne maudite !

Alors que tous les animaux cherchaient à convaincre Zéluni de ne pas partir, on entendit soudain une toute petite voix s'élever au-dessus du brouhaha. C’était Mélimini la fourmi... Elle se tenait debout et agitait les bras pour se faire remarquer :

— Moi… Moi ! J'irai avec toi !

C’était si drôle que Zéluni se mit à rire. Il riait tant et tant qu'il en avait le hoquet !

— Mélimini, hic ! Tu es minuscule, hic ! Comment voudrais-tu, hic ! M'aider ? Hic ! La Montagne ne ferait qu'une bouchée de ton âme ! Hic !

Et, oubliant aussitôt Mélimini, Zéluni grimpa sur le dos de l'aigle aux ailes d'or qui le déposa à l'entrée des marais. Une barque attendait les intrépides qui voulaient les traverser pour se rendre de l'autre côté. Le temps de remercier l'aigle, Zéluni sauta dans la barque et commença à ramer.

Il rama, rama, rama des heures et des heures. Il rama si longtemps que ses bras se transformèrent en pierre et ses mains en feu. Zéluni se sentait seul. Il aurait tant aimé sentir le souffle du Vent son père sur ses cheveux. Il aurait tant aimé sentir sur sa joue les caresses de la Nuit sa mère. Mais il était seul, au milieu d'un marais aux eaux de plus en plus sombres. Il était seul, il était triste, il avait faim. Il ne cessa pourtant pas de ramer et il chantonna pour se donner du courage :

— Je m’appelle Zéluni, je suis le fils du Vent et de la Nuit. Et je n’ai peur de rien ! Je m’appelle Zéluni, je suis le fils du Vent et de la Nuit. Et je n’ai peur de rien. Je n’ai peur de rien…

La masse noire de la Montagne maudite se rapprochait lentement, bientôt son ombre envahit le petit bateau de Zéluni. De derrière la Montagne des bruits terribles se faisaient entendre. Des grondements, des explosions, des cris...

Zéluni avait froid. Il tremblait. Mais c’était aussi de peur.

 

© Pierre Mangin 2012

Par Pierre Mangin - Publié dans : Zéluni, le Fils du Vent et de la Nuit
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Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 05:41

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Sans vent et sans nuit le pays de Zéluni devint une contrée sans soir ni matin. De midi à minuit et de minuit à midi le soleil brûlant régnait en maître absolu. Il faisait si chaud que le lac où Zéluni aimait se baigner n’était plus qu’une mare minuscule. Et la cascade s’était muée en un mince filet d’eau.

Le Conseil des animaux se réunit en urgence, Kimala la tortue, l’ancêtre, prit la parole la première :

— La situation est grave. Les arbres n’ont plus de feuilles, l'herbe est desséchée, l'eau manque. Si le Vent ne pousse plus les nuages au-dessus de nos têtes, si la Nuit ne dépose plus sur nous sa fraîcheur, notre pays se transformera en désert aride.

— Un désert ? Un désert ! Mais c’est très bon ça, un désert ! siffla Serpolin le serpent.

À ces mots Léonus le lion se leva. Il était un peu fier (il faut dire qu'il se prenait pour le roi des animaux !) mais Zéluni l’aimait bien.

— Serpolin, comment oses-tu parler ainsi ? Toi, tu te plais à ramper sur les cailloux. Toi, tu aimes t’enfoncer dans le sable. Mais nous, nous qui courons sur l’herbe ou volons dans les airs, il nous faut l’eau pour nous désaltérer. Il nous faut la fraîcheur de la Nuit pour nous reposer. Nous devons retrouver le Vent et la Nuit ou nous mourrons tous !

L’aigle, alors, trompeta :

— En planant dans le ciel, j'ai entendu souffler le Vent. Mais loin, très loin ; au-delà des marais, derrière la Montagne maudite. Hélas, il fait si chaud, je suis si fatigué. Et les marais sont si dangereux. Sans le Vent pour me porter, je ne peux aller jusque là-bas.

En entendant l'aigle aux plumes d'or, tous les animaux furent saisis d'angoisse. La Montagne maudite emprisonne ceux qui ont l'affront de la déranger et ne les relâche jamais. Zéluni chassa la peur :

— Je m'appelle Zéluni, le suis le fils du Vent et de la Nuit ! La Montagne maudite ne me fait pas peur. J'irai et je reviendrai avec eux !

 

© Pierre Mangin 2012

 

Par Pierre Mangin - Publié dans : Zéluni, le Fils du Vent et de la Nuit
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Dimanche 25 mars 2012 7 25 /03 /Mars /2012 07:25

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En partant jouer dans la forêt comme à son habitude, Zéluni ignorait qu'une chose étrange allait se produire... Alors qu'il s’apprêtait à grimper sur les branches de l’arbre pleureur, un arbre solitaire éternellement triste, un silence inquiétant enveloppa la forêt. Plus une feuille ne bruissait, plus une herbe ne chantait, plus un souffle ne secouait la cime des arbres. Devant tant de mystère les oiseaux cessèrent de chanter.

— Ho ! Papa ! cria Zéluni, Papa !

Mais le Vent son père ne répondit pas… Le Vent avait quitté la forêt.

— Mon père m’accompagne partout. Pourquoi n’est-il plus avec moi ? demanda Zéluni à l’arbre pleureur.

— Je ne sais pas, je ne sais rien, renifla celui-ci. Mais j’ai peur.

— Peur ? Peur… Moi, je m’appelle Zéluni et je suis le fils du Vent et de la Nuit. Moi, je n’ai peur de rien !

N’écoutant ensuite que son courage, Zéluni entreprit de traverser la forêt pour rejoindre sa maison. Le silence devenait de plus en plus lourd. De plus en plus angoissant. À son passage aucun arbre ne saluait Zéluni. Tous demeuraient figés, aussi immobiles que des statues de plâtre. Zéluni allait d’un pas décidé, mais son âme tremblait au-dedans de lui. Il marcha ainsi longtemps au milieu du silence. Après les oiseaux, tous les animaux de la forêt s’étaient tus. La nature entière semblait s’être arrêtée...

Arrivé à sa maison, Zéluni s'assit et attendit le soir afin de se confier à la Nuit, sa mère. Hélas, pour la première fois depuis l’aube des temps, la Nuit ne vint pas envelopper la campagne de son ombre rafraîchissante. Zéluni était seul : le Vent avait quitté la forêt et la Nuit avait disparu. Zéluni ne put retenir sa tristesse plus longtemps. Il pleura, pleura et ses sanglots s'entendirent jusqu'au bout du pays. Il n'avait plus personne pour le consoler et cette idée fit naître de nouvelles larmes à Zéluni.

 

© Pierre Mangin 2012

Par Pierre Mangin - Publié dans : Zéluni, le Fils du Vent et de la Nuit
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Samedi 24 mars 2012 6 24 /03 /Mars /2012 07:23

Naissance de Zéluni

  

 

Zéluni est le fils du Vent et de la Nuit. Le jour de sa naissance des éclairs zébrèrent le ciel et le tonnerre résonna avec fureur. Sa mère, la Nuit, s’apprêtait à l’enfanter, alors les cieux étaient en colère. Les arbres courbèrent le tronc pour ne pas subir la foudre tombant au hasard, les animaux apeurés partir se cacher. Enfin, par-dessus les roulements furieux de l'orage, on entendit Zéluni pousser son premier cri. Alors le Vent souffla, souffla, et dispersa les nuages. L’eau du ciel cessa de frapper la terre et la Lune scintilla au zénith. Les animaux quittèrent leurs abris. De tous les trous de rochers, de tous les buissons épais on les vit sortir. L’aigle déplia ses ailes pour libérer trois hirondelles qu’il avait pris sous sa protection, le lion laissa passer devant lui le lapin, tandis qu’une chevrette gambadait en retrouvant son compagnon de jeu, Kougross l’éléphanteau. Pour fêter la naissance de leur premier fils, le Vent souffla une brise légère, et la Nuit s'illumina de milliers d'étoiles.

Puis Zéluni grandit. Il devint un petit garçon très malin. Zéluni aimait rendre visite à sa meilleure amie, Kimala, une tortue très âgée qui habitait au bout de la grande plaine, juste avant les marais.

— Kimala, demanda t-il un jour, quel âge as-tu ? Mon père dit que tu es une ancêtre. L’ancêtre de tous les animaux.

— Ô…  J’ai oublié le compte de mes ans… J’ai connu ton père il n’était qu’un tout petit souffle de rien du tout se cassant sur ma carapace. Quant à ta mère, la Nuit, elle n'était qu'un petit bout d'ombre timide et discret. Elle est si belle aujourd'hui, parée d’étoiles, de diamants, de bijoux scintillants !

Imaginer ses parents enfants amusait beaucoup Zéluni ! Et il riait, riait, riait !

 

© Pierre Mangin 2012

 

Par Pierre Mangin - Publié dans : Zéluni, le Fils du Vent et de la Nuit
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 07:04

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J’ai déjà eu l’occasion de dire le bien que je pense des concours de nouvelles. Je n’en fais pourtant jamais la publicité. Pour la bonne et simple raison que d’autres font ça bien mieux que moi. Pourtant aujourd’hui je déroge à ma règle. Pour vous signaler le concours de nouvelles de l’association Marais Page, à Trévières, petit village du Calvados, situé aux portes des marais du Bessin et du Cotentin, à sept kilomètres des plages du débarquement.

Le thème en est :

 

UN ANNIVERSAIRE PAS COMME LES AUTRES

 

Une seule nouvelle par candidat. Les nouvelles ne doivent pas dépasser sept pages, interligne 1.5  et la date limite pour adresser vos nouvelles est fixée au 1er mars. Les lauréats seront avertis individuellement, l’annonce officielle se faisant lors du festival du livre Normand à Trévières le 28 avril 2012.

En plus d’un chèque bien agréable à encaisser, les lauréats sont invités à Trévières. Je garde un souvenir ravi du repas du midi, dans une auberge du coin en compagnie des auteurs participant au festival et des membres de l'association…

Pour en savoir plus je vous renvoie au site de l’association : http://www.wix.com/mpassociation/maraispage

Par Pierre Mangin - Publié dans : Divers
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