Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 22:03


Ce week-end, à Paris, se tient le salon des éditeurs indépendants. Cent cinquante éditeurs sont présents, de quoi assurer une jolie diversité de l'édition.
Les Editions Nouvelles Paroles (qui me publient) sont sur le stand C25.
Par Pierre Mangin - Publié dans : Divers
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 06:36



« Vite j’ai un train à prendre », c’est le titre du dernier recueil de nouvelles des Editions du Roure. C’était aussi le thème de leur concours annuel…  Le recueil regroupe les treize nouvelles lauréates du concours.

Dans le petit monde des concours de nouvelles, on trouve un peu de tout. Des petits concours, organisés par des gens passionnés, des amoureux fous de la littérature en général et de la nouvelle en particulier. Dans ces concours, pas de lots mirifiques à gagner, mais le plaisir de partager un moment d’exception, de trinquer avec les organisateurs et de repartir avec des souvenirs plein la tête. On trouve aussi de grosses machines, des concours aux infrastructures solides et aux lots prestigieux. Hélas, trop souvent l’humain est laissé de côté, la machine l’emporte sur la beauté du verbe et on repart avec un goût amer dans la bouche.
Et puis, de temps à autre, un OLNI traverse la galaxie des concours… OLNI ? Pardon… ! Vous ne pouvez pas savoir ce dont il s’agit… Un OLNI est en fait un Objet Littéraire Non Identifié. Il s’agit de concours organisés par des gens passionnés et chaleureux, et qui offrent aux sélectionnés des lots prestigieux. Si, si, ça existe ! Les concours des Editions du Roure en font partie ! Je ne m’attarderai pas sur la chaleur des organisateurs et des membres du jury : il suffit de les rencontrer une fois pour s’en convaincre. Quand aux lots réservés aux lauréats, je peux vous assurer que l’édition de sa nouvelle dans un recueil de la qualité de ceux des Editions du Roure, est, pour un auteur, le plus prestigieux des lots. L’objet est soigné, intégré dans une collection, la qualité littéraire est au rendez-vous…

Pour en savoir davantage sur les Editions du Roure, leur concours et leur dernier recueil :
link

 

Par Pierre Mangin - Publié dans : Divers
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 21:37

Imposer un devoir de réserve aux titulaires de prix littéraires. Enfin une bonne idée ! Je propose d’ailleurs de l’étendre à tous les écrivains, qu’ils soient ou non distingués par un prix.

Nous avons tout à y gagner, je vous assure ! Imaginez un peu…

Si l’on avait imposé à Zola un devoir de réserve, il ne se serait pas étendu sur vingt volumes pour écrire la dynastie des Rougon-Macquard. Un petit bouquin de cent, cent vingt pages lui aurait largement suffit. Pas de « J’accuse », pas de polémiques stériles, que de l’essentiel ! L’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyne tiendrait en quelques feuillets ; Voltaire, Montesquieu et François Villon disparaîtraient définitivement des manuels scolaires.

Economie de papier, économie d’encre, économie de rayonnages. Les bibliothèques seraient plus petites. Une pièce de quarante à cinquante mètres carrés permettrait de proposer au public le nectar de la production littéraire : économie de chauffage, de lumière, de personnel…

Et les lecteurs ? Avez-vous songé aux lecteurs ? Quelle économie de temps pour eux ! Finies les heures passées à dévorer de bons gros romans de cinq cents ou mille pages. Vingt minutes suffiront pour lire les auteurs les plus prolixes. Et ce temps gagné les lecteurs pourront l’utiliser à de saines activités non subversives utiles au pays.

Je vous le disais : on a tout à y gagner.

Imposer un devoir de réserve aux titulaires de prix littéraires, l’idée est excellente. Mais, à mon humble avis, il ne s’agit là que d’une piste. Osons aller plus loin ! Innovons ! Je propose de ne conserver qu’une petite dizaine d’écrivains. C’est largement suffisant ! Ils parleraient au nom du pays. On les appellerait les écrivains officiels. Les autres, on les réduirait au silence en leur interdisant d’écrire et de publier.

Pardon ? Ça c’est déjà fait ? Et vous dites que ça n’a pas marché ?...

Par Pierre Mangin - Publié dans : Chroniques
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 21:25


Trouy est un village à 13 kilomètres de Bourges (Direction Châteauroux). Un joli petit village avec un salon du livre plutôt sympa. Une vingtaine d'auteurs, des dessinateurs de bande dessinée, des bouquinistes...  De quoi passer un bon moment !

Vous êtes tous cordialement invités.
En ce qui me concerne j'y serai le samedi et le dimanche pour présenter et dédicacer "Humains... Vous avez dit Humains ?"

Il s’agira de ma première participation à un salon du livre… Je prendrai beaucoup de plaisir à vous rencontrer pour cette occasion.

Pour en savoir plus sur cette manifestation :  link

 

Par Pierre Mangin - Publié dans : Divers
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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 17:25

                                           LE GALET

                                                

Depuis dix ans j’attendais ce moment. Et encore… Dix ans, peut-être était-ce douze, ou quinze ou vingt. Il arrive un moment où inventorier les années ne rime plus à rien. L’attente seule compte. L’attente seule façonne les jours et les semaines. L’attente seule imprime sa marque dans les chairs. Et l’attente seule avait écorché ma peau sur toute sa surface.

Du plus loin que mon regard portait, je l’ai vu. Il n’était encore qu’un point minuscule dans le lointain, je l’avais reconnu. Il remontait la grève de sa démarche nonchalante. Celle-là même qui me fascinait à l’époque.

Je l’ai regardé s’approcher. Derrière lui la mer grondait. À intervalles réguliers de solides rouleaux venaient frapper la plage pour y mourir en une blancheur d’écume et renaître aussitôt. Un vent puissant balayait le sable, en soulevait des nuées pour fouetter les promeneurs ayant osé s’aventurer jusqu’ici un jour d’équinoxe.

Ils étaient rares les promeneurs… D’ailleurs, y aurait-il eu la foule des jours d’été, il n’y avait que lui et moi. Plus rien n’avait d’importance. Ni les lourds nuages qui roulaient au-dessus de nos têtes et menaçaient à chaque instant de percer, ni la marée d’exception qui promettait un spectacle rare.

Lui, moi, et entre nous les années d’attente. D’où venait-il, d’où sortait-il ? Il avait disparu alors que je le cherchais. Il réapparaissait sans crier gare, telle une chimère sortie des eaux profondes de l’oubli. Que croyait-il ? Que l’on pouvait revenir et faire comme si de rien n’était ? Comme si ce qui s’était tramé il y a si longtemps n’avait pas d’importance ? Le temps n’efface rien. Il panse les blessures pour les rendre moins purulentes, mais elles sont toujours là, prêtes à se rouvrir, prêtes à faire souffrir.

Il remontait la grève sans se presser, insensible aux éléments furieux autour de lui. Seuls ses cheveux volant au vent prouvaient, s’il en était besoin, qu’il n’était pas un fantôme. C’était bien lui, et bien vivant encore. Le temps s’était contenté de déposer sur sa tête un voile d’argent alors qu’il ne m’avait épargné aucun de ses outrages. Je n’étais que douleur et dépit quand il avait conservé son allure insouciante de jeune homme.

Il se rapprochait. Un à un je reconnaissais ses traits. L’épaisse broussaille de ses sourcils ; son sourire satisfait toujours un peu supérieur ; ses joues rebondies d’enfant trop nourri, aujourd’hui rosies par les embruns ; et sa petite cicatrice juste au-dessus de l’arcade sourcilière gauche, souvenir d’une chute de mobylette.

Ainsi il était revenu. Il osait arpenter cette plage que j’aime tant. Notre plage. Ma plage désormais. D’où sortait-il ? De l’enfer, sans aucun doute. Encore quelques mètres et nous serions face à face. Me voyait-il ? S’il me voyait il n’en laissait rien paraître. Il savait pourtant qu’en venant ici un jour d’équinoxe il me trouverait. Ça il ne pouvait l’ignorer, pas même après toutes ces années.

J’ai ramassé un galet. Un gros galet rond. Sa masse dans ma main me rendait invincible. Cette fois il me regardait. Il continuait de marcher comme si de rien n’était. Comme si toutes ces années n’avaient jamais été. Dans ma paume je serrais le galet à en laisser l’empreinte de mes doigts dans sa matière.  Il me regardait et s’était arrêté devant moi. De lui je n’ai rien oublié. L’amnésie du temps n’a pas opéré sur moi. Et ma haine était intacte.

Il s’est arrêté. Il n’a dit qu’un mot. De lui je n’ai rien oublié. Pas un geste, pas une attitude, pas un trait de caractère. Mais le son de sa voix, lui, je l’avais oublié. Une voix chaude, suave, aux accents méditerranéens. Une voix qui m’avait fait fondre il y a si longtemps. Il n’a dit qu’un mot, mon prénom, « Johanna », et je l’ai suivi.

Le vent fou a couvert le bruit du galet roulant sur les rochers. Ma paume avait desserré son étreinte sans que je m’en aperçoive.

Il était revenu.

  

 

© Pierre Mangin 2009

Par Pierre Mangin - Publié dans : Nouvelles
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