Dimanche 8 novembre 2009


Trouy est un village à 13 kilomètres de Bourges (Direction Châteauroux). Un joli petit village avec un salon du livre plutôt sympa. Une vingtaine d'auteurs, des dessinateurs de bande dessinée, des bouquinistes...  De quoi passer un bon moment !

Vous êtes tous cordialement invités.
En ce qui me concerne j'y serai le samedi et le dimanche pour présenter et dédicacer "Humains... Vous avez dit Humains ?"

Il s’agira de ma première participation à un salon du livre… Je prendrai beaucoup de plaisir à vous rencontrer pour cette occasion.

Pour en savoir plus sur cette manifestation :  link

 

Par Pierre Mangin - Publié dans : Divers
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Lundi 2 novembre 2009

Nouvelliste acharné depuis 2001, François AUSSANAIRE écrit des textes noirs, teintés d'ironie grinçante, qui content les heurs et malheurs des gens de mer, ceux que la mer fait vivre et parfois mourir. Il aime observer et raconter la mer vue de la côte et la côte vue de la mer et, par dessus tout, les îles et les iliens, de l'Atlantique, de la Manche ou d'ailleurs. Amateur de musiques colorées et de littérature noire, François AUSSANAIRE nous compose, dans son premier recueil, des morceaux originaux d'anthologie.

Il nous propose une nouvelle, « Seuls les fous de Bassan », extraite de son recueil, « Mortes Eaux », publié aux Editions Nouvelles Paroles (http://www.editionsnouvellesparoles.com/). Une nouvelle noire et… maritime…

Pour embarquer, c'est par ici : Invité du mois : François Aussanaire

Par Pierre Mangin - Publié dans : Invités
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Mercredi 21 octobre 2009

                                           LE GALET

                                                

Depuis dix ans j’attendais ce moment. Et encore… Dix ans, peut-être était-ce douze, ou quinze ou vingt. Il arrive un moment où inventorier les années ne rime plus à rien. L’attente seule compte. L’attente seule façonne les jours et les semaines. L’attente seule imprime sa marque dans les chairs. Et l’attente seule avait écorché ma peau sur toute sa surface.

Du plus loin que mon regard portait, je l’ai vu. Il n’était encore qu’un point minuscule dans le lointain, je l’avais reconnu. Il remontait la grève de sa démarche nonchalante. Celle-là même qui me fascinait à l’époque.

Je l’ai regardé s’approcher. Derrière lui la mer grondait. À intervalles réguliers de solides rouleaux venaient frapper la plage pour y mourir en une blancheur d’écume et renaître aussitôt. Un vent puissant balayait le sable, en soulevait des nuées pour fouetter les promeneurs ayant osé s’aventurer jusqu’ici un jour d’équinoxe.

Ils étaient rares les promeneurs… D’ailleurs, y aurait-il eu la foule des jours d’été, il n’y avait que lui et moi. Plus rien n’avait d’importance. Ni les lourds nuages qui roulaient au-dessus de nos têtes et menaçaient à chaque instant de percer, ni la marée d’exception qui promettait un spectacle rare.

Lui, moi, et entre nous les années d’attente. D’où venait-il, d’où sortait-il ? Il avait disparu alors que je le cherchais. Il réapparaissait sans crier gare, telle une chimère sortie des eaux profondes de l’oubli. Que croyait-il ? Que l’on pouvait revenir et faire comme si de rien n’était ? Comme si ce qui s’était tramé il y a si longtemps n’avait pas d’importance ? Le temps n’efface rien. Il panse les blessures pour les rendre moins purulentes, mais elles sont toujours là, prêtes à se rouvrir, prêtes à faire souffrir.

Il remontait la grève sans se presser, insensible aux éléments furieux autour de lui. Seuls ses cheveux volant au vent prouvaient, s’il en était besoin, qu’il n’était pas un fantôme. C’était bien lui, et bien vivant encore. Le temps s’était contenté de déposer sur sa tête un voile d’argent alors qu’il ne m’avait épargné aucun de ses outrages. Je n’étais que douleur et dépit quand il avait conservé son allure insouciante de jeune homme.

Il se rapprochait. Un à un je reconnaissais ses traits. L’épaisse broussaille de ses sourcils ; son sourire satisfait toujours un peu supérieur ; ses joues rebondies d’enfant trop nourri, aujourd’hui rosies par les embruns ; et sa petite cicatrice juste au-dessus de l’arcade sourcilière gauche, souvenir d’une chute de mobylette.

Ainsi il était revenu. Il osait arpenter cette plage que j’aime tant. Notre plage. Ma plage désormais. D’où sortait-il ? De l’enfer, sans aucun doute. Encore quelques mètres et nous serions face à face. Me voyait-il ? S’il me voyait il n’en laissait rien paraître. Il savait pourtant qu’en venant ici un jour d’équinoxe il me trouverait. Ça il ne pouvait l’ignorer, pas même après toutes ces années.

J’ai ramassé un galet. Un gros galet rond. Sa masse dans ma main me rendait invincible. Cette fois il me regardait. Il continuait de marcher comme si de rien n’était. Comme si toutes ces années n’avaient jamais été. Dans ma paume je serrais le galet à en laisser l’empreinte de mes doigts dans sa matière.  Il me regardait et s’était arrêté devant moi. De lui je n’ai rien oublié. L’amnésie du temps n’a pas opéré sur moi. Et ma haine était intacte.

Il s’est arrêté. Il n’a dit qu’un mot. De lui je n’ai rien oublié. Pas un geste, pas une attitude, pas un trait de caractère. Mais le son de sa voix, lui, je l’avais oublié. Une voix chaude, suave, aux accents méditerranéens. Une voix qui m’avait fait fondre il y a si longtemps. Il n’a dit qu’un mot, mon prénom, « Johanna », et je l’ai suivi.

Le vent fou a couvert le bruit du galet roulant sur les rochers. Ma paume avait desserré son étreinte sans que je m’en aperçoive.

Il était revenu.

  

 

© Pierre Mangin 2009

Par Pierre Mangin - Publié dans : Nouvelles
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Dimanche 18 octobre 2009
Pour celles et ceux qui peuvent le capter, je serai ce vendredi 23 octobre sur les ondes de Radio France Bleue Berry Sud (sur la bande FM : 103.2 dans le Cher et 93.5 dans l'Indre), de 16h10 à 16h30. Une émission pour parler du recueil mais aussi de ma passion des mots et de l'écrit.
Par Pierre Mangin
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Vendredi 2 octobre 2009

Cette fois ça y est… Il est là, ce n’est plus un rêve, je l’ai tenu entre mes mains ! « Humains… Vous avez dit Humains ? » vient de paraître aux Editions Nouvelles Paroles. Il s’agit de mon premier recueil de nouvelles.

Après avoir publié une vingtaine de nouvelles dans des ouvrages collectifs, des revues ou sur la Toile c’est une nouvelle aventure qui commence. La publication d’un recueil de nouvelles est un long parcours… On n’imagine pas !

D’abord il y a l’écriture. Ça je n’en parle pas, c’est le plus agréable ! Ensuite, en concertation avec mon éditeur, il a fallu arrêter le choix des nouvelles. Retirer celle-ci, insérer celle-là… Un choix parfois douloureux, mais nous tenions à ce que le recueil conserve une certaine unité.

Puis est venu le temps des relectures. Ah ! Ces relectures… Ces hésitations quasi métaphysiques sur le choix d’un adjectif ou la place d’une virgule ! Et ces coquilles, aussi fuyantes que sournoises, capables de si bien se dissimuler dans une phrase que l’œil peut glisser douze fois dessus sans les voir. Il a pourtant fallu les débusquer, les extirper de leurs caches et les envoyer aux oubliettes virtuelles.

Puis s’est posé la question du titre. Il fallait bien le baptiser ce recueil, lui donner un titre. Un titre en concordance avec les nouvelles, un titre qui dise sans révéler, un titre qui suscite le désir de lire. Il me faut l’avouer, le titre n’est pas de moi. Mais de la première de mes lectrices, mon épouse, qui depuis des années me conseille, m’encourage, me critique (parfois sans ménagement, toujours avec discernement…) et supporte mes états d’âme d’auteur. Et sans qui ce recueil n’aurait jamais vu le jour…

Tout au long des quatorze nouvelles les personnages de « Humains… Vous avez dit Humains ? » oscillent entre bonheur et folie, entre sagesse et déraison. Ils sont sur un fil ténu. Un rien peut les faire basculer d’un côté… ou de l’autre.

 
Dès à présent il est possible de commander le recueil :
 
Directement sur le site de l'éditeur (http://www.editionsnouvellesparoles.com/ )           

Chez votre libraire en lui précisant que les Éditions Nouvelles Paroles sont référencées sur Dilicom, http://www.dilicom.net/. (Dilicom est un outil de commande pour les professionnels).

 

D’autres infos sont disponibles sur la page Humains... Vous avez dit Humains ?  de ce blog.

Par Pierre Mangin
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