Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 05:45

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Voyager... Le mot sonne comme une invitation. Partir, voyager, découvrir, rencontrer, partager... Mais aussi quitter, abandonner, séparer, oublier, fuir...

Les rêves de voyage ont toujours bercé les hommes. Elles fleurissent les agences de voyage qui proposent des circuits « clef en mains », dans tous les coins de la planète. L’actualité encore chaude de menaces, le touriste curieux a tout loisir de s’inscrire pour un « Circuit du printemps arabe », ou l’histoire comme si vous la viviez. Parallèlement à cette profusion d'offres, une part non négligeable de l'humanité n'a qu'une espérance : celle de découvrir un lieu préservé des guerres, de la famine et des épidémies. De s'y poser et de ne plus en bouger...

Européen de l'Ouest né à la fin des années cinquante, le voyage est pour moi synonyme d'aventure, d'échanges, de jours merveilleux. Cela tient au fait que le voyage est toujours un choix. Mon itinérance est joyeuse, enrichissante. Les mésaventures qui l'émaillent tiennent du désagrément et servent à nourrir des souvenirs, à enrichir les fables de la mémoire familiale. Une grève surprise des contrôleurs aériens, un bagage perdu, un taxi rusé qui effectue trois tours de ville avant de me déposer dans quelque médina pittoresque, une réservation d'hôtel dont le gérant n'a nulle trace… Aucun de ces événements n'est susceptible de mettre mon intégrité en véritable danger. Avoir le choix de l'itinérance ou de la sédentarisation est une richesse d'hommes et de femmes privilégiés. Même au cœur du plus extrême dénuement, avoir le choix demeure un trésor à chérir. Kérouac aurait-il écrit ses fameux Clochards célestes si une guerre, une crise économique majeure ou un cataclysme écologique l'avait jeté sur les routes ? Il y a fort à parier que non.

C'est une réalité tangible. Aujourd'hui plus que jamais peut-être, le mot voyage ne possède pas la même signification selon que l'on est riche ou miséreux, que l'on vit au Nord ou au Sud. La problématique est identique pour le mot sédentaire. Aspirer à une vie sédentaire au crépuscule d'une vie professionnelle marquée par une série de mutations, quoi de plus naturel ? Être coincé dans un coin de terre cerné par la misère sans avoir les moyens de s'en échapper, c'est rêver d'un eldorado idéalisé. Partir pour atteindre cet eldorado c'est basculer dans une errance qui n'a rien d'idyllique. Beaucoup ne l'atteindrons jamais. Cibles faciles de passeurs sans scrupule, certains s'entassent sur des barques de fortune qui coulent au premier coup de mer. D'autres, plus chanceux, posent pieds au pays de cocagne. Le voyage n'est pourtant pas fini. La peur change de visage mais elle est toujours là, tapie, prête à se réveiller au premier contrôle. En ces temps de crise la misère fait peur et on n'aime pas la voir débarquer dans nos villes. « On a déjà nos pauvres », peut-on entendre ça et là, « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». La sagesse populaire a souvent du bon et l'assertion simpliste n'est pas dénuée de bon sens. Nos gouvernants s'attellent au problème en instaurant des quotas de reconduite à la frontière... Une réponse de technocrate à une question d'humanité...

J’ai cette certitude ancrée au fond de moi. Si je n'avais pu nourrir mes enfants, leur offrir un toit et une éducation correcte, je sais bien que moi aussi j'aurais défié toutes les lois, franchit toutes les frontières, encouru tous les risques pour tenter ma chance dans cet eldorado magnifié par les rares récits de ceux qui ont réussi.

 

© Pierre Mangin 2012

Par Pierre Mangin - Publié dans : Passages
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 07:04

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J’ai déjà eu l’occasion de dire le bien que je pense des concours de nouvelles. Je n’en fais pourtant jamais la publicité. Pour la bonne et simple raison que d’autres font ça bien mieux que moi. Pourtant aujourd’hui je déroge à ma règle. Pour vous signaler le concours de nouvelles de l’association Marais Page, à Trévières, petit village du Calvados, situé aux portes des marais du Bessin et du Cotentin, à sept kilomètres des plages du débarquement.

Le thème en est :

 

UN ANNIVERSAIRE PAS COMME LES AUTRES

 

Une seule nouvelle par candidat. Les nouvelles ne doivent pas dépasser sept pages, interligne 1.5  et la date limite pour adresser vos nouvelles est fixée au 1er mars. Les lauréats seront avertis individuellement, l’annonce officielle se faisant lors du festival du livre Normand à Trévières le 28 avril 2012.

En plus d’un chèque bien agréable à encaisser, les lauréats sont invités à Trévières. Je garde un souvenir ravi du repas du midi, dans une auberge du coin en compagnie des auteurs participant au festival et des membres de l'association…

Pour en savoir plus je vous renvoie au site de l’association : http://www.wix.com/mpassociation/maraispage

Par Pierre Mangin - Publié dans : Divers
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 21:38

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Tout un chacun connait des rues en travaux, des magasins en inventaire, des transports communs en grève, des budgets en peau de chagrin. Mais qui connait des auteurs en dédicace ?

Dans le secret de leurs chambres, solitaires et silencieux, les écrivains composent.  Nul besoin de portées pour coucher leurs mots sur le papier. De l'écriture musicale ils conservent les indications de rythme, les pauses, les soupirs. L'écriture est une respiration, elle nait de l'intérieur, l'écrivain le sait. C'est pour cette raison qu'il n'a pas peur de vivre reclus une partie non négligeable de son existence. Mais, de temps en temps, les écrivains sortent de leur antre. Ils s'installent sous les sunlights d'un salon du livre ou dans les boiseries d'une antique librairie. On parle alors d'auteurs en dédicace...

Ah, les auteurs en dédicace ! Les avez-vous déjà vus quand ils se rassemblent, comme ils sont beaux, élégants, fringants ? Ne vous y trompez pas, leur nonchalance est étudiée, leur négligence n'a rien de spontanée. Ils sont en représentation. Un salon du livre avec séances de dédicaces, c'est un peu la fête de l'écrivain. Je sais, on désigne parfois ces salons d'une appellation trompeuse, en parlant de fête du livre. C'est faux, bien entendu, les fêtes du livre n'existent pas. Il s'agit de fêtes des écrivains. D'ailleurs, vous avez déjà vu un livre s'enfiler un ballon de Reuilly ou se précipiter au buffet à l'heure du déjeuner ? Demander aux organisateurs où se trouve l'espace café ? S'enquérir de l'heure du vin d'honneur ? Non, alors vous voyez bien ! Un salon où les auteurs dédicacent, est bel et bien une fête de l'écrivain, c'est une évidence. Une fête à deux facettes. La première facette de la fête, ce sont les gens qui vont venir le voir, parler avec lui, voire lui demander une dédicace. L'écrivain aime les vrais gens, ceux qui évoluent dans la vraie vie en quelque sorte. La vraie vie, pour les différencier de ses personnages qui eux, vivent, aiment, respirent dans les romans. C'est vrai qu'à force de vivre avec ses personnages, l'écrivain ne sait parfois plus trop où il en est. Alors, se coltiner avec de vrais gens lui fait le plus grand bien. Et il parle l'écrivain. Lui le taciturne se montre volontiers bavard. Et il écoute aussi, il prend le pouls du monde, le pouls de la France des provinces, de la France des campagnes. Et dans certaines contrées reculées, après avoir emprunté une longue route étroite et sinueuse, l'écrivain se retrouve parfois dans une salle des fêtes à l'image du village qui l'accueille : minuscule. Au contact d'un public rural au plus près des réalités de la terre, l'écrivain est à la fête. Loin de l'agitation des cercles littéraires bon chic bon genre, il rencontre des femmes et des hommes qui aiment tant lire qu'ils font naître en lui un désir encore plus fort d'écrire. Sourire avenant, paroles chaleureuses, humour de bon goût, l'écrivain dédicace. Il est heureux. Mais au fond, s'il sonde son cœur de manière honnête, l'écrivain est un peu gêné. Il ne peut s'empêcher de se demander pourquoi est-ce lui qui est de ce côté de la table, pourquoi est-ce lui qui dédicace ? Ne peut-on imaginer que les lecteurs dédicacent ? Mieux que quiconque ils savent parler littérature, romans, nouvelles. Après tout, c'est grâce à eux que les livres vivent. Sans eux le livre serait mort-né. Tout juste un limbe errant sans consistance et sans avenir. À peine plus qu'une idée que l'on jette et qui ne trouve aucun terreau où germer.

Sans les lecteurs le bonheur d'écrire ne serait que vanité. Sans les lecteurs les livres n'existeraient pas. Sans les lecteurs une foule de personnages n'aurait jamais vu le jour. L'écrivain construit, travaille, façonne et donne naissance. Le lecteur élève, il est un passeur, il participe au rayonnement de l'œuvre. Dans les dédicaces on pense souvent à remercier l'auteur, plus rarement le récipiendaire. L'écrivain me demande de profiter de cette chronique pour réparer cette injustice et remercier les lecteurs. Tous les lecteurs. Et plus encore celui qui offre du bonheur aux auteurs en réclamant une dédicace... C'est chose faite.

 

 

 

© Pierre Mangin 2012

Par Pierre Mangin - Publié dans : L'écrivain
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 05:42

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Depuis toutes ces années qu'il nous en parlait, qui aurait imaginé qu'il le ferait ? Elle lui en faisait le reproche. Souvent. Elle l'interpellait, lèvres pincées, la bouche pleine de méchancetés. Se moquait de ses hésitations. De son indécision. Elle lui disait jamais tu n'oseras, tu es bien trop timoré pour cela. Elle le rabaissait. L'humiliait. Lui, faisait semblant d'écouter. En réalité il bouchait ses oreilles à ses jérémiades. Et se disait un jour je le ferais, un jour je n'aurais pas peur. Un jour elle sera bien attrapée. Un jour... Ce jour était arrivé. Il avait osé. Peut-être en était-il le premier surpris... Le passage à l'acte n'avait pas été facile, mais il l'avait fait. Il était monté sur le parapet. Avait regardé en bas le torrent sinueux entre les rochers. Avait regardé l'à pic vertigineux sans trembler. Et s’était jeté dans le vide. Une demi-seconde il s’était pris pour un oiseau. Avant de chuter. De chuter pendant cent quarante sept mètres sans rien pour le retenir. Le sol se rapprochait. Si vite. De plus en plus vite ! Son cœur battait à mille à l'heure. Il était trop tard pour faire machine arrière. Trop tard pour les regrets. Au dernier moment il avait fermé les yeux. Il avait osé mais refusait de voir jusqu'au bout. Poids mort soumis aux règles de l’attraction il avait continué de chuter. Il ne lui restait plus qu’un mètre. Un mètre avant...

Avant que l'élastique ne stoppe sa descente et le propulse à nouveau dans les airs. Son hurlement se répercuta contre les parois rocheuses. Hurlement de soulagement, hurlement de joie, hurlement de revanche. Elle pouvait bien dire maintenant, et se moquer. Il était celui qui avait osé...

 

© Pierre Mangin 2012

Par Pierre Mangin - Publié dans : Passages
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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 05:46

Bonne année 2012 blog

Par Pierre Mangin - Publié dans : Divers
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Vient de paraître

 

Salons et dédicaces


Quelques dates où je serai "en dédicace" :

22 octobre
14h00 / 18h00
Fête du Livre et de l'Ecriture Jugon les Lacs (22)
 
13 novembre
10h00 / 18h00
4ièmes Littérales de Trouys (18)

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Autant d'occasions de rencontres et d'échanges autour des mots et de la littérature...

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Pour m'écrire, cliquez sur le lien suivant :
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